Cancer de la prostate : briser les tabous et s'informer dès 50 ans
Avec près de 60 000 nouveaux cas par an en France, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Souvent asymptomatique à ses débuts et d'évolution lente, il bénéficie aujourd'hui de stratégies de détection précoce efficaces et d'options de prise en charge personnalisées, de la simple surveillance active aux thérapies ciblées.
Près de 60 000 diagnostics chaque année en France, représentant environ 25 % des cancers masculins.
Très rare avant 50 ans, son incidence augmente progressivement avec les décennies.
Un pronostic globalement très favorable grâce à une détection précoce et des tumeurs souvent peu agressives.
1. Le duo diagnostic : comment se faire dépister ?
L'Association Française d'Urologie (AFU) recommande une démarche de détection précoce personnalisée entre 50 et 70 ans (dès 45 ans en cas d'antécédents familiaux directs ou d'origine afro-antillaise). Ce bilan repose sur la complémentarité de deux examens simples :
Le dosage sanguin du PSA
Le PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) est une protéine produite par les cellules prostatiques. Une simple prise de sang permet d'en mesurer la concentration.
Le toucher rectal (TR)
Rapide et indolore, il permet au médecin de palper la face postérieure de la prostate à travers la paroi du rectum afin d'en vérifier la souplesse et le volume.
2. Quels sont les symptômes possibles ?
Au stade précoce, le cancer de la prostate n'entraîne généralement aucun symptôme. Lorsqu'ils apparaissent, les signes sont le plus souvent liés à une gêne sur les voies urinaires (pouvant aussi être causée par une hypertrophie bénigne) :
3. Prise en charge : adapter le traitement à l'agressivité
Tous les cancers de la prostate ne nécessitent pas une intervention chirurgicale immédiate. Grâce à l'IRM prostatique et aux biopsies ciblées (score de Gleason / classification ISUP), l'équipe médicale propose une stratégie sur-mesure :
La Surveillance Active
Pour les cancers localisés à faible risque de progression. On évite les effets secondaires des traitements lourds tant que la maladie n'évolue pas.
- Dosage régulier du PSA (tous les 3 à 6 mois)
- Contrôle par IRM et biopsies périodiques
- Traitement curatif débuté uniquement si la tumeur montre des signes d'évolution
Les Traitements Curatifs
Lorsque la tumeur nécessite d'être éliminée pour assurer la guérison définitive :
- Chirurgie (Prostatectomie totale) : Ablation complète de la prostate (souvent par cœlioscopie robot-assistée).
- Radiothérapie & Curiethérapie : Irradiation externe ou implants de grains radioactifs dans la prostate.
- Hormonothérapie : Bloque l'action de la testostérone qui stimule la prolifération des cellules tumorales.
4. Prévention au quotidien : préserver sa santé
S'il n'existe pas de moyen absolu d'éviter le cancer de la prostate, des habitudes de vie favorables permettent de réduire les facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques associés :
Favoriser les fruits et légumes riches en antioxydants et lycopène (tomates cuites, pastèque, fruits rouges), limiter la consommation excessive de graisses animales et de viandes rouges transformées.
30 minutes d'exercice modéré quotidien réduisent l'inflammation générale, préviennent le surpoids et aident au maintien d'un bon équilibre hormonal.
Ne pas attendre l'apparition de gênes urinaires ou de troubles érectiles pour aborder sereinement le sujet avec son médecin traitant dès 50 ans.
Les associations de soutien aux hommes touchés
Partenaires et acteurs soutenus par Les Deuch's, des associations comme CerHom (« Finie la honte ! ») et Cancer Osons accompagnent les hommes, brisent les tabous sur la sexualité et la continence post-traitements, et encouragent la pratique d'activités physiques adaptées.

